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Musica Dei Donum CD review - Johan van Veen

"This disc [K617 - Le Passage de la Mer Rouge] deserves nothing but praise. First of all, we get acquainted here with a little-known genre...nothing of Bousset has ever been recorded before. Also highly commendable is the fact that the pronunciation of the French texts is strictly historical. Luanda Siqueira has a beautiful voice, and sings with great understanding and much expression. She also deals admirably with the dramatic elements of De Bousset's cantata. The instrumentalists give fine performances of the instrumental parts of the cantatas and deliver good performances of the trio sonatas."

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Muse Baroque, le magazine de la musique baroque - Monique Parmentier

 

Le Passage de la Mer Rouge, est en fait l’enregistrement d’un concert qui a été donné par l’ensemble Le Tendre Amour, lors du festival International de Musique de Sarrebourg durant l’été 2009. Cet ensemble basé à Barcelone, mais dont les musiciens sont issus des 4 coins du monde, et qui doivent leur nom à une des thématiques préférés du règne de Louis XIV, ont composé ici un programme représentant l’âge d’or de la cantate spirituelle française.

 

Les musiciens soulignent les effets par de belles couleurs, offrant du brillant à la musique d’Elisabeth Jacquet de la Guerre. Du hautbois glorieux à la basse de violon profonde comme le tombeau ou dont la virtuosité appuie la force de la foi dans le premier air, au violon qui devient la flamme qui anime la colère du pharaon, au clavecin qui laisse éclater la joie, tous participent à la mise en scène musical du propos. Les tempi sont légers et la jeune soprano Luanda Siqueira au timbre épicé et au phrasé appliqué parvient à nous rendre toute la subtilité théâtrale et au fond divertissante de la cantate à la française.

 

Le chant du hautbois y est profondément mélancolique et celui du violon implorant. Ils n’ont toutefois guère le temps de s’appesantir tant l’allegro devient une pirouette au chagrin qui mine cette fin de règne. L’esprit en reste ainsi profondément baroque. Elle introduit la cantate de Brossard, La Cheute de Salomon où les instrumentistes et la soprano semblent se faire plaisir à colorer à l’envie, à dramatiser, ou à attendrir le texte. Le théorbe s’y fait le tendre compagnon de la soliste.

 

Un disque au charme certain, évocateur d’un monde qui cherche à vivre toujours et encore, mais que les drames assombrissent. La musique devient ainsi un doux refuge, un compagnon pouvant évoquer cette joie qui fuit avec le temps.

Technique : prise de son ample, favorisant aussi bien la voix que les instruments.